Leçon N° 2 : ÊTRE PARISIEN(NE) À L'ÉTRANGER

Publié le par Les Parisiens.net



Que ce soit en France (dite "province") ou à l'étranger, le Parisien hors de son terroir développe une réaction étrange, certainement de défense, qui l'enclint naturellement à exacerber ses caractères naturels afin de mieux marquer son territoire nouveau. Autrement dit, loin de chez lui, il est encore pire. Vous partez en vacances ? Epatez donc vos amis en jouant au Parisien exilé !


 
Voilà une leçon qu'elle est importante (en même temps, vous vous en doutez, elles le seront toutes). Ce n'est pas à l'étranger que le Parisien et la Parisienne sont le plus déroutants, aussi commencerons nous par là pour ne pas trop effrayer le lecteur. La France (dite "province") viendra plus tard, quand vous serez un peu habitués au caractère particulier - mais si attachant ! - de l'espèce qui nous occupe.

 
RÈGLE N°1 : UNE ADORABLE FATUITÉ
 
Pour devenir un(e) parfait(e) Parisien(ne) à l'étranger, vous devez maîtriser quelques réflexes essentiels. Dont la fatuité est la colonne vertébrale.
 
D'abord, si l'on vous demande d'où vous venez, ne répondez surtout pas "De France" - ce serait est vulgaire et hors de propos. Répondez naturellement "De Paris" (un pays en soi, pour vous).

Ensuite, lorsque votre interlocuteur s'extasiera sur votre ville (le pauvret, lui qui n'a pas eu la chance d'y naître et est obligé de vivre à New York / Londres / une île sublime de l'océan Pacifique), rengorgez-vous avec l'humilité d'une Paris Hilton sur le tapis rouge et acquiescez à tout ce qu'il dit concernant la capitale française. Même si c'est faux. Tant que c'est glorieux et enviable. Car hélas, il se trouve que si le Parisien est insupportable, force est de reconnaître que certains l'encouragent ! A l'étranger, nombreux sont les inconscients qui lui parlent de sa hometown avec admiration, affection, envie et bave aux coins des lèvres. Un peu comme un bel homme à qui toutes les femmes ont répété qu'il était sublime, le Parisien enregistre ces compliments répétés constamment et n'en devient que plus fier de son identité. Il faut faire avec. Soupir. 
 
Ainsi, pour être un(e) parfait(e) Parisien(ne) à l'étranger, je vous le répète encore : vous êtes amoureux de votre ville, c'est la meilleure du monde. Elle est la pierre angulaire de la planète Terre, son centre, son coeur qui bat, sa perle andalouse. Quiconque prétendant le contraire mérite la pendaison par la langue.



RÈGLE N°2 : UNE CHALEUREUSE CRITIQUE

Le Parisien est très heureux de partir en vacances ! A l'étranger. Dans ces merveilleuses contrées. Ces magnifiques pays. Mais ... Mais mais mais. Il n'est jamais vraiment satisfait, et n'hésite pas à l'exprimer avec cette chaleureuse franchise qui lui est coutumière. Voici comment. 
 
Si vous faites du tourisme, n'hésitez pas à comparer les merveilles que vous voyez aux richesses de votre cité adorée. En dénigrant subtilement, bien entendu. Le Taj Mahal est joli, mais moins beau que Versailles, il faut bien le dire. Les boutiques londonniennes sont ultra cools, mais ça ne vaut pas le Haut Marais, soit dit entre nous. Le Metropolitan Museum, le Prado ou les musées italiens vous bouleversent, mais tout de même, moins que le Louvre. Et la bouffe, c'est amusant un temps, mais pardon, le pad thaï comparé aux merveilles de votre mère, laissez-moi rigoler. Vous avez saisi le système. Attention ! Tout ceci doit bien sûr rester courtois, aimable et débordant d'une gentille curiosité face aux maigres richesses culturelles locales. Après tout, on n'est pas des chiens (malgré cet agaçant couplet de l'enfance martelant "Parisien, tête de chien" que vous n'avez d'ailleurs jamais compris).
 
Autre détail du Parisien en vacances (peut-être même du Français en général, mais ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes), n'hésitez pas à souvent user de la phrase : "Avec le prix qu'on paie, ils pourraient tout de même ...". C'est très stylé, et peut être utilisé à peu près à toutes les sauces : "Avec le prix qu'on paie, ils pourraient tout de même ... servir des trucs corrects à manger / faire la chambre trois fois par jour / avoir des trains à l'heure". La science n'a pas encore su expliquer pourquoi, mais le Parisien aime à employer cette joyeuse formulation lors de ses déplacements. Placez donc la adroitement à quelques reprises afin de bien affirmer votre appartenance à la ville lumière.
 
Enfin, détail qui a son importance, râlez dans l'avion du retour sur le temps pourri qui vous attend à Paris, le travail, les embouteillages, la pollution, MAIS soupirez d'aise à l'idée de retrouver votre home sweet home ! Parce qu'il n'y a que là qu'on sache vraiment vivre, en somme ...

 
Bonnes vacances !


Dans la même catégorie, retrouvez bientôt :

- Être Parisien(ne) en "province"
- Être Parisien(ne) en week-end
- Être Parisien(ne) sans vacances

Commenter cet article