Leçon N° 3 : ÊTRE PARISIEN(NE) LE DIMANCHE

Publié le par Les Parisiens.net


 


Être Parisien(ne) n'étant ni un métier, ni un sport, ni un loisir, mais bien une religion à part entière, c'est un full-time job. Autrement dit, encore plus forts que Dieu lui-même, le Parisien et la Parisienne ne connaissent pas le repos du septième jour. Bien au contraire, le dimanche est peut-être le jour où être Parisien(ne) est le plus parisien. Oui, carrément. 


"Pourquoi donc ? Pourquoi donc ?", vous entends-je crier, avides et fripons petits lecteurs (... excusez-moi, je crois que je suis particulièrement en forme aujourd'hui, sûrement parce que c'est dimanche).

Et bien tout simplement parce que c'est le jour de la semaine où la capitale se différencie le plus de ses lointaines cousines françaises ! Boutiques ouvertes (et oui), faible intérêt pour la messe (à part dans le sud ouest de la ville, les Parisien(ne)s ne sont pas très catholiques pratiquants), brunchs en pagaille et sorties culturelles à gogo : ce jour-là, Paris se singularise et se hausse bien au-dessus du commun des villes mortelles ; bref, elle est particulièrement elle-même.

Pour être un parfait Parisien le dimanche (et non pas un Parisien du dimanche, haha, je vous l'avais bien dit que j'étais en forme), il y a quelques règles simples à respecter. Vous verrez, par rapport aux deux leçons précédentes, c'est assez facile, et même agréable, à adopter.



RÈGLE N°1 : NE PAS FAIRE COMME LES AUTRES FRANCAIS


D'abord, sachez que se lever tôt pour aller faire le marché, comme la plupart des gens sensés vivant ailleurs en France, n'est pas obligatoire. Cette remarque vaut aussi pour le samedi, selon votre quartier. Bien sûr, il est toujours de bon ton d'annoncer d'un ton badin, au bureau, que vous adorez faire le marché, mais attention : cela requiert une réputation et un look extrêmement pointus. Sinon, vous passerez pour un provincial égaré (oui, le mot est lâché, je sais, ce blog est ignoble, en même temps si vous ne saisissez pas le douzième degré je ne peux rien faire pour vous). Donc disais-je, en cas de degré de branchitude incertain ou carrément insuffisant, évitez le marché. Même chose pour la messe.

En revanche, vous pouvez tout à fait vous lever pour faire du sport - car les Parisien(ne)s aiment le sport. A petite dose. Enfin, certains. Un jogging dans le bois de Boulogne sera du plus parfait effet local, même chose à Vincennes, voire dans les rues - mais faites attention aux crottes de chien, les éviter étant un art qui s'acquiert avec l'expérience, et transforme opportunément un simple running en courses d'obstacles. Aller en salle (le Club Med Gym Waou* ou l'Usine* étant recommandés) pour s'entraîner sur machines ou assister à un cours collectif est également une bonne option. Mais n'en abusez pas - une vie saine n'étant pas tout à fait le plus important signe distinctif du Parisien, il lui faut consommer les clubs sportifs avec modération. Même s'il aime beaucoup en arborer la carte de membre dans son portefeuille, et le mentionner à l'occasion.

Pour le déjeuner, ne faites surtout pas un Déjeuner, malheureux ! C'est ringard. Optez plutôt pour le Brunch, comme à New York (seule ville dont Paris tolère la comparaison). On se réunit entre amis, on bâffre comme des gorets du salé et du sucré, on traîne des heures à table en buvant des litres de café, et hop, même si tout ce qu'on a fait n'est que manger à 13h, non, ce n'est pas un Déjeuner, alors là non, pardon mais c'est un Brunch, rien à voir. Cette activité dominicale peut se pratiquer à la maison (mais toujours en compagnie d'autres amis), ou dans l'un des nombreux restaurants de la ville ayant compris le juteux argument marketing possible avec cette étrange locution américaine. Joe Allen*, le Loir dans la Théière*, Mariage Frères*, StarCooker*, le Crillon* mais aussi une liste interminable d'autres restos vous accueilleront dans votre apprentissage du dimanche parisien avec plaisir. Et une note conséquente. A noter : Claire Lilly organise des brunchs délicieux et bien branchouillous au Glazart* depuis cet été. Avec des groupes on stage et une ambiance "boum de jour" bien sympathiques. 
Bon, je fustige je fustige, mais quand même les brunchs, c'est super bon. Profitez-en bien, toutes les attitudes parisiennes ne sont pas aussi délicieuses. Parenthèse refermée.



RÈGLE N°2 : FAIRE LES MÊMES TRUCS QU'EN SEMAINE 


Le Parisien a beau être malin (... ah si, quand même, on peut dire beaucoup de choses négatives sur lui, mais difficilement le traiter d'abruti), il n'a apparemment pas compris que le dimanche était fait pour se reposer. Et/ou faire des trucs différents que les jours de semaine. Bizarre, mais avéré.

Par exemple, pour vivre un véritable dimanche après-midi parisien, il vous est fortement recommandé de shopper - et oui, sinon à quoi ça sert d'être à Paris un jour du Seigneur, bougre de vous ?! La rue des Francs Bourgeois, absolument blindée même en cas de froid polaire, ou les Champs Elysées, blindés aussi mais avec plus de touristes, vous attendent avec leurs boutiques tentatrices et ouvertes jusqu'au soir. Un musée, un café en terrasse, une pause sur l'étroite pelouse de la place des Vosges : usez et abusez des clichés dominicaux (qui, vous l'aurez compris, sont en fait bourrés d'activités déjà praticables en semaine), c'est délectable. Le tout étant de faire plein de trucs, toute la journée ou presque, et de rentrer crevé le soir pour bien attaquer la semaine en vrac le lendemain. Car le réflexe parisien est simple : "Il faut bien profiter de la richesse de ma ville / Je ne vais pas rester chez moi à ne rien faire / Je suis sociable, cultivé et trendy / Pas comme ces pauvres gens de province qui ne peuvent rien faire le week-end / C'est trop la honte de ne rien faire le dimanche comme si je n'avais pas de vie". Et oui. Fatigant, mais indispensable dans votre perfectionnement local.

Si vous souhaitez tenter la médaille d'or du Parisiannisme, vous pouvez carrément rassembler vos forces et sortir le soir. Franchement, quelle autre ville du monde (bon, disons de France) permet ce luxe ? Pas beaucoup, et c'est marqué au coin du bon sens, vu qu'après tout, le lendemain, y a école. Oui, mais à Paris, on est trop des rebelles. Donc, sortez le dimanche ! Un petit tour au Baron* ou chez Régine*, un tour sur la péniche du Sunny Sunday*, une soirée spéciale (pour un lancement de livre, par exemple, ou un Apéritivo) au Chacha*, ou juste un restaurant sympathique (et ouvert, faut trouver quand même) avec un cocktail au Baron en guise de dessert donneront à votre dimanche un air typiquement parisien, et surtout ultra hype, tout en vous permettant d'attaquer la semaine complètement déchiqueté le lendemain. Et ouais.

Bien sûr, vous pouvez aussi choisir de glander dans le canapé, mater un DVD ou monter tranquillement une armoire Ikea ce jour-là, même pas douché, vêtu d'un vieux jogging, tout en mangeant une pizza sur un coin de table. Vous pouvez également aller au marché, faire un déjeuner de famille, vous reposer en amoureux au coin du feu ou bouquiner tranquillement avec délectation. Vous avez le droit, mais par pitié, n'en parlez à personne : ça pourrait vous attirer des ennuis.


Sur ce, bon dimanche à Paris ! Et surtout soyez beaux !



* Voir adresses dans la rubrique "Adresses" (vous remarquerez la subtilité mémnotechnique)


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