Leçon N° 6 : ÊTRE PARISIEN(NE) ET CLUBBER

Publié le par Les Parisiens.net


 


Cette leçon concerne une des plus élémentaires habitudes locales, à laquelle il vous faudra vite vous soumettre si vous souhaitez intégrer la fascinante peuplade parisienne : j'ai nommé la night, le clubbing, les sorties. Croyez-moi, il y a du boulot. Où, quand et surtout comment sortir la nuit ? Vous saurez tout sur le zizi (?).


Que les choses soient claires : fêtard(e) ou pas, si vous souhaitez réellement devenir Parisien(ne), vous vous devez de bouger votre corps by night. D'arpenter sans relâche clubs, boites de nuits et autres bars de la Ville, afin de vous mettre des mines jusqu'au matin, et de connaître sur le bout des doigts barmen, physios et autres piliers de discothèques comme votre propre famille. Si ça vous ennuie, heureusement, vous pouvez également faire semblant avec facilité (voir leçon suivante, Être Parisien(ne) et faire semblant de clubber). L'essentiel, c'est d'y croire.




RÈGLE N°1 : CONNAÎTRE LES LIEUX

Il existe différentes tribus de clubbers au sein de la faune parisienne. Chacune a son cercle, ses habitudes, ses principaux QG, ses codes vestimentaires et ses symboles. Il serait trop exhaustif de toutes les traiter en détails ici, et de toutes façons, jeunes padawans, il vous faut d'abord acquérir les bases les plus élémentaires de la night parisienne avant de vous spécialiser dans l'une de ces bandes.

Commençons donc par le commencement. Il y a de par la Ville quelques endroits incontournables par lesquels vous devrez absolument passer (sous peine de mort sociale), et ce, le plus souvent possible. Ces spots essentiels changent plus ou moins selon les saisons, mais certains noyaux durs tiennent le haut du pavé, et à l'heure où nous écrivons, ils sont les suivants :

1/ Le Baron*
Evidemment. Pas très original mais absolument indétrônable depuis près de 5 ans, le club mythique de l'Alma ne vieillit pas. Lancé par Lionel Bensemoun et André ( = La Clique*), il rassemble peoples et anonymes dans une joyeuse ambiance de branchouillerie décomplexée. Vous y serez présent le jeudi en fin de nuit, rarement le samedi, parfois le dimanche (même si Nicolas Ullmann* n'y sévit plus), mais, si vous êtes motivés, le mieux est d'y passer vos nuits de début de semaine, genre lundi ou mardi. C'est là que c'est vraiment délicieux. Sur place, vous ne boirez plus de cocktail Baron (qui a remplacé ses framboises fraîches par un indélicat jus de fraise, tout se perd) mais une simple piscine (champagne + glaçons) si vous êtes une fille, et un Jack on the rocks si vous êtes un garçon. Vous vous percherez sur le piano, danserez quand la piste se vide, discuterez avec Bak le physio à l'entrée, et claquerez la bise à Lio (le boss, pas la jurée cocaïnée de la Nouvelle Star) d'un air las. Si vous êtes très fort, vous y mixerez un jour.

2/ Le Chacha*
Né l'été 2008 (et oui, déjà), le club des tenanciers de l'Hôtel du Nord (Julien et Marie, avec Jérémie à la DA) a fait fort. A la fois resto, fumoir, bar et discothèque, il la joue culturelle (un magazine perso, le Siamois, des soirées de lancements de livres, les équipes de tournage hollywoodiens en goguette, des écrivains aux platines ...) et éclectique. Pour éviter la queue d'après minuit, vous irez y diner (cher mais bon), ou vous débrouillerez vite pour faire partie des habitués reconnus par les physios au premier coup d'oeil. Bien entendu, vous serez toujours le bienvenu au premier étage (généralement privatisé) et vos jours préférés y seront le mardi et le mercredi. Ou le dimanche à 17h - c'est si sympathique d'y faire un petit goûter. Vous claquerez la bise à Lenny et Alexia, taperez sur l'épaule de Jerem et ne manquerez jamais la résidence de Jerry Bouthier, le Dj sur lequel vous avez craqué dans les soirées branchées de Londres. En revanche, vous éviterez de vous taper un rail dans les toilettes du sous-sol ou la salle de bains du premier : il y a des caméras. Plus d'un drogué s'est fait prendre, bougre d'inconscient. 

3/ Le Montana*
On ne pensait pas que ça pourrait arriver un jour, et pourtant : désormais, à Paris, on peut sortir Rive Gauche. Plus Parisien-VIP-staïle tu meurs, le Montana est le dernier bébé d'André, le graffeur-artiste de la Clique (Baron, Paris Paris ...). Petit bijou glam'rock posé juste à côté du Café de Flore, ce mini-lieu est une bombe dark et acidulée, flottant entre bar d'hôtel et club à l'ancienne. On aime son côté cosy et la programmation parfaite. La mauvaise nouvelle ? L'endroit plaît beaucoup aux people, ce qui rend la porte difficile  (il vaut mieux tomber sur le frère de Bak que sur Louise). Et l'ambiance est hyper trop m'as-tu-vu (parisienne, oui, si vous voulez). Mais comme il est impensable que vous n'y alliez pas, vous allez faire un effort et endosser votre habit de lumière. Merci.


4/ Le Scopitone
Elegangz* (collectif créatif en diable), qui a lâché son NY Club (actuellement  devenu le délicieux 130 Club, repris par Mathieu du Kong et Quentin des Sts Pères, à découvrir d'urgence pour ses shots glacés qui réchauffent le sang !), a ouvert un club de rock pointu dont la programmation est le fait de l'excellente Blogothèque. On y va tôt (dès 20h); on y boit beaucoup, on y grignote et apprécie au taquet des groupes de rock indé survoltés sous le portrait de Beethoven. Et oui.
Actuellement, Elegangz fait aussi le L.A Project, un docu-fiction suivant Nicolas Ullmann, roi déjanté de la nuit parisienne, parti pour devenir coûte que coûte le roi de Los Angeles. A suivre. 

5/ Les Saints Pères
Situé à l'angle de la rue des Saints Pères et de la rue de Verneuil (donc à côté de chez Serge), ce charmant club souterrain, ultra germanopratin, a tout pour plaire au vrai Parisien. Petites salles (à Paris, on déteste les grosses boites), clientèle d'habitués, délicieux cocktails à la violette, Djs malins (c'est-à-dire pas snobs au point d'éviter les vieilles machines qui fonctionneront toujours, mais pointus aussi), bon accueil, bref, on en redemande. A suivre de près.

6/ Mais aussi ... 
Vous avez également besoin, dans votre apprentissage nocturne, d'aller faire un tour au 130, donc, dont je vous parlais plus haut, au nouveau Régine* (repris par la Clique puis passé aux mains de Webecome), chez Moune*, au Panic Room*, à Bagatelle*, au Saut du Loup*, au Social Club*, aux Disquaires*, au Nouveau M*, au Globo* (quoique, depuis que Cyril Bodin n'y est plus, ça ne vaut pas vraiment le coup), au Showcase*, au BC* (si vous êtes jeune seulement, cet endroit étant un peu devenu le successeur des Planches dans la série riches prépubères), au Bonheur des Dames*, aux Bains (oui, ils sont de retour), etc       ...


NOTA BENE RIP : Feu la Flèche d'Or ...
Oui, oui, je sais, ce lieu mythique a fermé. Mais pour être un parfait Parisien, il vous faut la mentionner avec regret de temps en temps. Parce que vraiment, elle a compté, et manque à tout le monde ... Plutôt rock et électro, on allait y vivre des concerts de jeunes groupes branchés, ou des soirées spéciales de teams fêtards en furie (Mort aux Jeunes, Goldrush, Ullmann et Bodin ...). On s'y mettait une grosse charge à la bière ou aux mojitos, on dansait, on criait, et on fumait sur la terrasse avec de beaux rockers barbus .......... Aow. Je reviens, j'ai un truc dans l'oeil, faut que j'aille chercher quelques Kleenex.
 
  

RÈGLE N° 2 : LE TIMING

Pour vous tenir au courant des soirées, jeune apprenti Parisien, je ne peux que vous recommander chaleureusement (de nouveau sous peine de mort sociale) d'être inscrit à TOUS les groupes Facebook qui tiennent informés de ces soirées. Voir la liste tout en bas de l'article.

Les horaires comptent peu, tant que vous ne la jouez pas province : on ne va JAMAIS en boite le samedi à minuit, bien sûr (le samedi, on se repose, on ne sort pas, on dîne entre amis, ou on part en week-end). On clubbe dans la semaine, à n'importe quelle heure (bon, sauf la journée, il y a des chances que ce soit fermé), et si on arrive pile à minuit, c'est parce que justement on sort d'un diner ou d'un verre (à ce sujet, voire les leçons prochaines "Être parisien(ne) au restaurant" et "Être parisien(ne) dans les bars"). Mais plus tard ou plus tôt, c'est mieux. Surtout plus tard.

Un bon truc : n'hésitez pas, comme tout bon Parisien, à enchaîner différents lieux, parfois même pour y rester juste quelques minutes. Exemple : dînez quelque part, puis buvez un verre ailleurs (Chez Jeannette, à la Perle ou dans un PMU obscur), puis faites un saut au Chacha, puis au BC, puis au Baron. Ne buvez qu'un verre dans chaque lieu, claquez la bise à tout le monde et rentrez chez vous tranquille, sobre et tôt. Un parfait itinéraire parisien où tout le monde vous a vu, sans que vous soyez totalement déchiqueté le lendemain. Malin.



RÈGLE N°3 : LA BONNE ATTITUDE

Bien entendu, comme je vous le serine depuis maintenant plusieurs leçons, n'oubliez pas d'arborer votre air typiquement parisien : pressé, hautain, distant et terriblement important. Mais drôle, mais blagueur, mais caustique, mais charmant, mais flirty, mais tellement spirituel !

En club, ayez l'air blasé (ce Dj vous fatigue), un peu mécontent même (ce cocktail vous fatigue), voire lointain (votre propre présence vous fatigue). N'éclairez votre visage que l'espace d'une seconde quand vous dites bonjour à quelqu'un (même s'il vous fatigue) afin d'entretenir de bonnes relations sociales. Faites de même quand vous abordez quelqu'un que vous ne connaissez pas, que ce soit pour draguer ou nouer des contacts utiles. Vous avez certainement quelqu'un en commun, de toutes façons (vous le saurez très vite grâce à Facebook et l'outil "Friends in common") : à Paris, tout le monde se connaît.

Faites en sorte de vous faire repérer par le physio et le barman afin qu'ils vous captent la fois d'après (par exemple en arborant un accessoire original et/ou très voyant). Mais franchement, sachez-le, il n'existe pas de recette miracle pour devenir pote avec les physios : ils sont, sauf exception, intelligents et bosseurs. Ce qui veut dire qu'aucune ruse ne vous fera prendre du galon à leurs yeux. Le seul moyen de les amadouer, c'est : 1/ d'être looké(e), 2/ d'être poli(e), 3/ d'être parfois accompagné de figures connues de la nuit, 4/ de venir souvent. Point. 
Et si vous trouvez que Bak est méchant avec vous, c'est normal. Parfois, il a l'air méchant exprès. 

Dernière chose : n'oubliez pas de lâcher de temps en temps une phrase prouvant que vous êtes un habitué.Exemples : "Le Baron ? Bof, je le préfèrais en 2005" (air blasé + clubbeur des débuts = double jackpot parisien). Ou : "Je préférais quand le fumoir du Chacha était à gauche, au fond c'est chiant" (référence à la salle la plus difficile à supporter de la boîte + notification du fait que vous avez connu le Chacha dès ses débuts = double jackpot parisien). Ou encore : "Les Kararocks d'Ullmann chez Régine ? Mouais, ça vaudra jamais ses soirées au PP." (air blasé + référence au Paris Paris aujourd'hui fermé + appellation "PP" signalant l'intimité + critique de Régine pourtant actuellement en retour de hype = quadruple jackpot parisien). Vous pouvez aussi la jouer plus basique mais très efficace, en confiant d'un air préoccupé : "Il a une petite mine, Will, en ce moment ..." (Will = William = un des physios les plus connus de Paris).


Voilà, vous êtes fin'e) prêt(e) pour devenir un(e) vrai(e) Parisien(ne) de la night !
Bonne soirée !

* Voir adresses dans la rubrique "Adresses" (vous remarquerez la subtilité mémnotechnique)



Liste des groupes indispensables sur Facebook : - Le Baron - Le Montana -  Social Club - Chacha Club Paris - Le Régine Paris - NYClub Paris - Les vendredis des Saints Pères - Elegangz - Vice France - Mort aux Jeunes Fan Club - Propagangz - Neo(club) - Smoking - L.A Project - Le Ullmann Club - Goldrush - Le Nouveau M - Party at BC - Electrochic - Black Cavalados - Truskel Club - Buvez Madison Fan Club ... liste non exhaustive !



Dans la même catégorie, retrouvez prochainement :

- Être Parisien(ne) au restaurant
- Être Parisien(ne) au café, bistrot ou bar
- Être Parisien(ne) et se cultiver

 

Commenter cet article

Olivier 01/12/2009 10:50


C'est du clubbing très "ouest parisien" tout ça quand même..
Quid du Rex, du Batofar et de la java, autrement plus decadent que ceux cités dans l'article ?

Bien à vous
Olivier


Les Parisiens.net 17/12/2009 23:48


Je ne sais pas, peut-être le Parisien décrit ici n'est-il pas très décadent ?
Mais merci pour ce commentaire, c'est vrai