LECON N°9 : LES JOLIES QUALITÉS DES PARISIEN(NE)S

Publié le par Les Parisiens.net




Le Parisien, ce mal-aimé, attire la critique comme un romancier branché les éloges : de façon systématique et presque totalement imméritée. Car peste, diantre, sacrebleu, non, le Parisien n'a pas que des défauts ! (qui sont bien entendu détaillés avec force perfidie dans la Leçon N°10 : Les merveilleux défauts des Parisien(ne)s , en ligne dans quelques jours). Chic, sociable, festif et curieux, l'habitant de la capitale a aussi des qualités. Découvrez lesquelles.


Bien entendu, je vous vois venir. J'entends déjà les esprits chagrins ricaner. Même mon père, qui vit à Paris depuis 30 ans, n'a pas été foutu de trouver une seule qualité potable à ses concitoyens. Pourtant, mon papa est un homme d'intelligence et de culture supérieures. Je vous dis donc à tous : un peu d'impartialité, que diable. Et je défends mon propos.

Le Parisien et la Parisienne, ces astres magnifiques, ont très exactement 8 qualités (si j'en oublie, merci de m'envoyer un mail, je rajouterai, pas de problème). Voici lesquelles :



1. LE CHIC
Définition : "Allure élégante, prestance, aspect gracieux."

Et oui, les Parisiens sont chic. On nous envie dans le monde entier (minimum) notre élégance, cette façon divine que l'on a de s'habiller, se maquiller, parler, se tenir. Oui, les Parisiens sont classieux du dressing. Le Parisien, ou surtout la Parisienne, manque de s'étrangler le foie lorsqu'il ou elle s'aperçoit que non, il n'y a pas de boutique Maje à St Bonnet les Oules, ni même de Paul Smith à Nantes. Demandez à n'importe quel Américain ou Japonais ce qu'évoque pour lui le "chic parisien", et vous le verrez immédiatement tomber en pâmoison tel une midinette adolescente au concert de Tokyo Hotel. Le fait que Coco Chanel ait été une collabo honteuse a été totalement effacé de l'Histoire parce qu'elle a grandement contribué au prestige de la France. C'est dire si l'élégance compte du côté de chez nous. J'aimerais tout de même citer Gilles Martin-Chauffier (rédacteur en chef de Paris-Match), qui, dans son roman "Une vraie Parisienne", écrit ceci : "A 40 ans, les Parisiennes anéantissent le reste du monde. Elles ont trouvé leur coiffure, leur silhouette, leur couturier, leur ton, et elles mènent la chasse à l'âge où les autres encombrent le rayon mémères". Limite, ça me donne très envie d'avoir 40 ans. Je terminerai en disant qu'en fait, le Parisien a tout simplement bon goût. Le problème, c'est qu'il le sait un peu trop.


2. LE DYNAMISME
Définition : "Aptitude de quelqu'un, d'un groupe à agir avec allant et énergie ; qualité de leurs actions ; activité, énergie."

Pour à peu près tous les habitants de la France, et même la plupart des Parisiens eux-même, le problème majeur de la capitale est son stress permanent. Stress que nous aborderons dans les défauts, mais si j'en parle ici, c'est parce qu'une autre de mes amies (Sandrine, pour ne pas la nommer) a très justement remarqué que le Parisien ayant les qualités de ses défauts, Paris était à cause même de son stress une ville extrêmement dynamique. Vous en conviendrez, voir des gens marcher à 8km/h en téléphonant/fumant/râlant et ne pas supporter le moindre blanc dans leur agenda (métro-boulot-expo-apéro-resto-clubbo-dodo), peut bien être qualifié de dynamisme. En revanche, j'ai peut-être une petite réserve par rapport à la définition Larousse ci-dessus : peut-on parler de "qualité de leurs actions" ... ? Allez, je suis de bonne humeur, on va dire oui.



3. LA CURIOSITÉ 
Définition : "Qualité de quelqu'un qui a le désir de connaître, de savoir. Désir indiscret de savoir. Besoin de savoir quelque chose."

Oui, oui et oui, le Parisien est curieux. Baigné depuis toujours dans un environnement multiculturel, entouré de gens non clonés, perdu dans l'immensité d'une ville qui change de visage à chaque coin de rue, le Parisien de base apprend à muscler une forte et saine curiosité dès son plus jeune âge. Il se trouve que de toutes façons, s'il veut survivre dans cette cité hostile, il est absolument obligé par la loi d'être ainsi curieux : sinon, comment pourra-t-il tout savoir sur tout avant tout le monde ? Car le Parisien est défricheur ! Il lui faut, sous peine de mort sociale, découvrir avant tout le monde le dernier bar qui tue, avoir lu le dernier roman dont on parlera demain, et écrire une thèse sur chaque news fracassante ou insignifiante venant de naître dans sa ville lumière. Pour pouvoir la critiquer ensuite sur le mode ultra blasé de celui qui "trouvait ça mieux avant" (un sport très pratiqué dans la capitale française).


4. LA CULTURE
Définition : "Enrichissement de l'esprit par des exercices intellectuels. Connaissances dans un domaine particulier."

Alors ça, pardon, vous pouvez tirer à boulets rouges (et bleus et blancs) sur les insupportables habitants de la Capitale, vous pouvez insulter tant que vous le pouvez les pauvres autochtones de la Ville Lumière, mais vous ne leur retirerez pas ça : oui, le Parisien et la Parisienne sont cultivés, bon sang ! Pour la simple et bonne raison qu'ils n'en ont pas le choix, là non plus. Le Parisien n'a en fait aucun mérite à sa culture ... Il en est abreuvé jour et nuit, même s'il s'en fout, même s'il n'en veut pas, même s'il n'y comprend rien. A Paris, on ne peut pas faire trois mètres sans tomber sur un musée, une salle de concerts, une affiche d'expo ou de signature littéraire, une FNAC, une librairie, un monument historique, un disquaire, un centre culturel de n'importe quel pays, un flyer de restaurant exotique, une manif de sans-papier, un militant d'extrême-droite, un épicier d'outre Méditerrannée, un peintre afghan, une boutique tibétaine, un bar brésilien, un ami qui nous parle de la dernière expo du Jeu de Paume, un collègue qui nous vante le dernier Goncourt, ou notre propre mère à genoux devant le centre culturel suédois. Alors le Parisien est, en un sens, pétri de vagues connaissances. Parfois, il fait même semblant d'en savoir plus alors qu'il est seulement informé des gros titres. Souvent, même. Mais ça, on en parlera dans la rubrique "défauts". J'ajouterais avec pertinence (...) que le Parisien est cultivé parce que sinon, il devient la honte de sa Ville. Manquer de culture dans les dîners parisiens, ce serait un peu comme faire le signe de croix dans une synagogue ou rire à un enterrement : une très grave faute de goût. A savoir, le Parisien qui ne "sait" pas quelque chose ne l'avouera jamais : hochant la tête d'un air entendu, répétant ce que dit le voisin ou se taisant comme un résistant en temps de guerre, il arborera une expression impassible, préférant mourir immolé sous la Tour Eiffel que d'avouer son inculture. Il pourra même aller jusqu'à faire un peu d'inutile name-dropping pour faire passer la pilule. Le Parisien aime le name-dropping de noms célèbres plus que sa propre mère. Sauf si celle-ci est célèbre.
En nota bene, j'ajouterais que si le mot "culture" faisait ici référence aux choses de la terre et de la nature, forcément, le Parisien perdrait. Puisqu'il adore les fraises en hiver et ne sait pas ce qu'est une blette. Mais passons.



5. L'ADAPTATION
Définition : Action de s'adapter à quelque chose. Modifier la pensée, le comportement de quelqu'un pour le mettre en accord avec une situation nouvelle, ou modifier quelque chose pour l'approprier à quelqu'un, le mettre en accord avec quelque chose : Adapter son comportement aux circonstances.

Là encore, même avec la pire volonté du monde, vous ne pourrez réfuter le fait que le Parisien s'adapte extrêmement bien aux circonstances de la vie. A peu près pour les mêmes raisons qu'il est obligé d'être curieux ou cultivé, le Parisien vivant dans une cité sans cesse en mouvement, forcé de survivre en milieu über-hostile,  n'a aucune peine à changer de bistrot (qui vient de fermer), de quartier (enfin, quand il y est obligé), de travail (il aime ça, et déteste l'immobilisme), de club (tous les 6 mois, la boîte à la mode devient has-been), de conjoint (à Paris, on n'aime pas trop s'éterniser avec le même amour) ... Le Parisien bouge, le Parisien avance, le Parisien ... est instable, oui, aussi. Mais c'est beau. Quant à son adaptation à l'étranger ou en "province", elle est éclatante : comme le disait très justement une autre de mes amies (Isabelle pour ne pas la nommer) : "Le Parisien hors de Paris veut faire le mec qui s'y connaît, à toutes forces. Genre, je vais t'expliquer comment greffer un cerisier et pourquoi la corrida ça se passe à 5h précises." C'est vrai. le Parisien se croit chez lui partout, expert en tout, et ça fait bien marrer les autres Français. Que le Parisien dénigre, de toutes façons. Dans l'hexagone, on n'est rien qu'une grande famille qui s'aime.


6. LA SOCIABILITÉ
Définition : Qualité de quelqu'un qui est sociable, qui se lie facilement aux autres et avec qui il est agréable de vivre.

Alors bon, certes, en écrivant que le Parisien est sociable, j'ai comme la désagréable impression de me tirer une balle dans le pied, et je vois déjà les mails hystériques des lecteurs de ce blog me criant que le Parigot est tout sauf sociable, que son degré d'amabilité, de liant et d'urbanité avoisine le zéro, et que la mauvaise humeur des habitants de la Capitale est à peu près aussi célèbre que le Sacré Coeur (voire plus). Kamikaze que je suis, je prends pourtant le risque de m'inscrire en faux : pour, encore, les mêmes raisons qu'il est cultivé, ouvert, curieux et adaptable, le Parisien est sociable. Parfaitement. Il vit dans une mégapole de plus de 2 millions d'habitants, avec une densité de 21.000 habitants au km2 ... Et dans sa religion, le réseautage est le premier commandement à respecter, carte de visite en baudrier. Du coup, même s'il ne parle pas à son voisin de palier (une forme de protection, car le Parisien est psychologiquement fragile), il est forcément sociable. D'ailleurs, il ne supporte pas d'être seul (au bureau/au bar/dans son lit) et, comme nous l'avons déjà dit, bourre son planning de rendez-vous de toutes sortes pour ne pas se trouver face à lui-même ou à son psy. Donc, oui, définitivement, le Parisien est ultra sociable. Ce pauvre petit chou solitaire.


7. L'INVENTIVITÉ
Définition : Capacité à innover, à inventer, imagination créatrice.

Imaginez que vous viviez dans une ville qui bouge tout le temps. Imaginez que dans votre environnement immédiat, ne jamais changer de métier est ringard, vouloir garder le même conjoint est illusoire, rester immobile est un total suicide. Ajoutez à cela que face à un monde stressé, guerrier et totalement fou, vous deviez sans cesse avoir des idées pour surnager, vous battre, sortir du lot. Car le Parisien se doit toujours de sortir du lot, le pauvret. Imaginez en plus que chaque jour, des gens tente de vous écraser, vous piquer votre place (au boulot, au parking, dans le lit de votre femme), de vous prouver leur supériorité. Mixez tout cela dans votre cerveau, et représentez-vous votre vie dans ces conditions. Eh bien, dans ces conditions, croyez-moi, vous aussi vous essayeriez d'être inventifs. Avec plus ou moins de succès, mais c'est l'intention qui compte.


8. LA TEUFITUDE (dite aussi : LE CARACTÈRE FESTIF)
Définition : Qui a trait à la fête, réjouissance collective.

Bien sûr, c'est inévitable dans ce chapitre traitant des bons côtés du Parigot pur jus : oui, les Parisiens sont accros à la fête ! Oui, ils y sont même très doués ! Par "fête", je n'entends pas seulement "grosse murgeade en boîte de nuit jusqu'au lever du jour", non. J'entends aussi apéros, dîners mondains, aftershows de concerts, vernissages au champagne, anniversaires dans les bars, restaurants arrosés, boustifailles entre amis, cafés du coin et autres réunion de personnes souhaitant se détendre autour d'un verre, d'une assiette ou d'un sound-system quelconque. Ce côté festif est définitivement l'un de ses atouts principaux, et le distingue de par le monde : si vous êtes Parisien et qu'un pote Américain ou Lorrain vient vous voir à Paris, il attendra expressément de vous que vous le traîniez avec entrain et doigté dans toutes les places-to-be de la capitale, vos secondes maisons. Et si vous allez les voir, eux, à Portland ou Epinal, il s'attendra à ce que vous transformiez sa ville tranquille en un feu d'artifice permanent grâce à l'or magique que vous avez au bout des doigts, voire que vous bâtissiez en une heure un club pointu à la sortie du village voisin. Vous êtes pétillant, vous êtes dansant, vous êtes léger comme une bulle de champagne, vous avez le sens de la teuf, du rire, du loisir éthylique et de la drague, bref : vous êtes festif. C'est votre came. Entretenez ce trésor précieux (par exemple en allant voir la Leçon N°6 : Être Parisien(ne) et clubber, ou la Leçon N°7, Être Parisien(ne) et faire semblant de clubber, les leçons sur les restaurants et autres bras étant bientôt disponibles). Bref, soyez le Carlos du XXI° siècle !



Voilà, vous connaissez maintenant les qualités parisiennes sur le bout du clavier, il ne vous reste plus qu'à les travailler nuit et jour. Pour parfaire votre identité lutécienne, vous vous devez aussi de bosser vos défauts, qui avouons-le, feront de vous un plus parfait Parigot que les qualités : vous les trouverez détaillés à la Leçon N°10 : Les merveilleux défauts des Parisien(ne)s, En ligne dès jeudi.


Bon apprentissage !



NDLR : Toutes les définitions cités sont tirées du dictionnaire Larousse, qui n'est pas le plus mauvais de sa catégorie.

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brendufat 24/10/2009 11:38


Mon Dieu, elle connaît Saint-Bonnet-Les-Oules ! Elle ne peut donc être entièrement mauvaise. Très agréable blog, je repasserai sûrement. :-)