LECON N° 11 : ÊTRE PARISIEN(NE) ET SOCIABILISER

Publié le par Les Parisiens.net





Comme je vous l'expliquais dans la Leçon N°9 : Les jolies qualités des Parisien(ne)s, le Parisien est sociable. Pour lui ressembler, vous devrez donc apprendre à l'être, oui, mais attention : à sa manière. Qui n'est, comme d'habitude, pas la même qu'ailleurs. Pourquoi et comment la jouer civil à Paris ? Tous les outils du capitaleux mondain, en exclu pour vous.



Nous l'avons déjà dit, malgré ses dehors d'ours pressé et imbu de lui-même, le Parisien est un lionceau bien dompté dès qu'il s'agit de se faire de nouvelles connaissances. Affable, courtois même, pas rugueux pour un sou, il sait développer des trésors d'ingéniosité lorsque la jungle de la Ville le met en présence de nouveaux congénères. Mais bien entendu, ce n'est que rarement gratuit. Apprenez à faire de même !


POURQUOI FAUT-IL ÊTRE SOCIABLE À PARIS ?

Ah ah, jeune padawan, cette règle est capitale (capitale + Paris = jeu de mots. On s'éclate, ici). Si vous désirez ressembler au parfait Parisien, vous vous devez d'être un excellent animal social, et de toujours apparaître bien urbain aux yeux des citadins (urbain + citadins = on s'éclate vraiment).

Pourquoi ? Et bien, tout d'abord parce que c'est une fabuleuse technique de survie en ce monde cruel : surpeuplée, surstressée, suractive, la Ville Lumière demande de sans cesse redoubler d'efforts pour surnager, voire briller parmi ses confrères. Et comme le Parisien n'est pas bête, il a bien compris que pour cela, il avait besoin des autres.

Un contact job ? Une target amoureuse ? Un ami utile ? Un groupe de potes avec qui passer ses jeudi soirs ? Un réseau pour son blog ? Une âme charitable pour lui faire croire qu'il n'est pas seul au milieu de la cité en guerre ? Une copine dotée d'une voiture pour aller chez Ikea ? Le Parisien a besoin de networker, draguer, brasser du répertoire, nouer des contacts à la pelle. Contrairement à ses cousins Français, le Parisien est un grand enfant qui ne sait pas faire grand chose tout seul, et qui, face au vide et à la solitude, s'angoisse. S'ennuie. S'étiole. En plus, lui, il n'a même pas les arbres ou les animaux pour lui tenir compagnie. La loose totale.

Ainsi, dès son plus jeune âge, il court d'école primaire en cours de danse, puis de surboum en démo de karaté, puis de café en plan weed derrière l'immeuble, téléphone portable en poche, pour s'entraîner à réseauter comme un fou lors de sa vie d'adulte. Où là, il explose de sociabilité, plus utile à sa survie que l'air qu'il respire (qui, lui, est blindé d'agents polluants). Le Parisien a besoin des autres. Et les autres le lui rendent bien.



LES OUTILS POUR ÊTRE AU TOP

Sans même s'en rendre compte, notre attachant Parigot a développé des réflexes naturels pour entretenir son réseau. Ce sont ses outils vitaux. Sachez les maîtriser.


1 ◊ UN CERVEAU ULTRA-PERFECTIONNÉ (... mais si)
Observez le comportement de l'Homo Parisianus lorsqu'une nouvelle tête apparaît dans son champs de vision : sous ce masque blasé, vous apercevez une réaction certaine. Le Parisien, tel un chien de chasse flairant une galinette cendrée, est à l'arrêt. Derrière ces yeux faussement détachés, aux sourcils froncés (qui lui donnent l'air important), la bête cogite à tout va pour analyser le corps étranger ainsi apparu, afin de savoir à quelle sauce il devra le manger, et d'abord, s'il y a lieu de le manger. Le nouvel élément est-il professionnel / amical / sexuel ? Son intérêt est-il médiocre / notoire / gigantesque ? A l'aide d'un scanner intégré, le Parisien scrute l'âge, le sexe, le style vestimentaire, l'attitude du nouvel arrivé, le classe immédiatement après analyse dans le dossier correspondant ("Baisable à l'occasion", "Bon pour le boulot", "Bon pour flatter mon ego", "Bon pour rigoler en buvant un verre", "Bon pour présenter à ma soeur" ...), et entame alors sa danse de séduction. Hélas, si l'objet de son étude offre des résultats négatifs (dossier "Bon pour rien"), il lui accordera une poignée de main mollasse, éventuellement un sourire (le Parisien n'est pas un rustre, faut-il vous le rappeler ?) et regardera ailleurs. A l'affût de sa prochaine proie.



2 ◊ UN CHARME CERTAIN
Pour ferrer son gibier, l'Homo Parisianus développera alors ses charmes dans une exquise cour. Inutile de trop s'appesantir sur les détails : cela dépend des deux bêtes en présence et de leurs rapports possibles. Généralement, le Parisien d'âge moyen aura identifié ses meilleurs atouts et saura les étaler comme il se doit pour impressionner, faire rire ou séduire sa victime. Il apprend très tôt à charmer, comme tous les enfants choyés. Et la jungle de la Ville se charge de lui rappeler qu'il doit assurer dans ses rapports avec les autres. Son point faible ? Ne pas savoir se renouveler, par pure paresse. Il servira les mêmes dragues ou CV à chacun. D'autres sauront être plus créatifs.


3 ◊ UNE SANTÉ DE FER
Vous l'aurez remarqué, on rencontre peu de monde dans sa propre salle de bains. Pour nouer des contacts, trouver l'amour, serrer la main à votre futur éditeur ou rigoler avec de nouveaux trublions (oui, je milite pour le retour en hype du mot "trublion"), il vous faut sortir, sortir et sortir encore, malheureux ! Dîners, soirées, pots, cafés, bars, afters, vernissages, anniversaires, déjeuners, petits-déjeuners, brunchs, clubs, loto-bingos, lancements de produits, mariages, fiançailles, divorce-parties, pic-nics, concerts, ne ratez aucune occasion de bouger. Déplacez-vous avez la foule. Faites partie de la meute. Ou crevez comme un chien.


4 ◊ UNE CARTE DE VISITE
Pour achever sa capture, le Parisien dégaine alors son outil fétiche : sa carte de visite. Qu'il soit en dîner mondain, vernissage, réunion pro ou sur la plage en maillot de bain ne change rien ; face à un Contact Potentiel, il dégaine. Sa carte de visite asseoit un homme, lui assure son identité, et permet d'éviter de perdre du temps à noter un numéro (rappelons-le, le temps est l'ennemi N°1 du Parisien). C'est son ADN-papier.


5 ◊ UNE PAGE FACEBOOK
Chez les plus jeunes, et lors de rencontres "casual" en soirées, bien entendu, pas de carte de visite (pourtant, c'est ça la vraie classe, mais trop peu en sont conscients). Pas de "Je prends ton numéro de téléphone" non plus. Le maître mot, c'est Facebook : on s'informe (vaguement) du prénom de la personne qui nous intéresse, on retient que c'est un ami d'untel, et hop, on le cherche sur l'ordi en rentrant chez soi. Facebook, ou le bal des flemmards. Bien sûr, on peut aussi utiliser Small World (pour les riches), Viadeo (pour les bosseurs), MySpace (pour les musicos ou les moins de 12 ans), Linkedin (pour les business-people), Attractive World (pour on ne sait pas très bien qui, en fait), mais franchement, c'est turbo-ringard. Facebook, même si ça vous hérisse, est indispensable. Point barre.


6 ◊ UN MÉTIER QUI ENVOIE DU CAKE
L'un des meilleurs outils pour sociabiliser à Paris, sera votre métier. Les secteurs du tertiaire, de la communication, de l'art, du cinéma, de la mode, du graphisme, de l'édition, de la pub, du journalisme, de la production, de la musique, sont autant de sésames pour : 1/ rencontrer des gens très parisiens, très importants, très contents d'eux-même, et 2/ devenir vous même très parisien, très important, très content de vous-même (ce qui n'est pas une insulte : n'importe quel psy vous le dira, c'est important de s'aimer). Ces domaines sont un peu comme les Guildes au Moyen Âge : des corporations supérieures, vous classant immédiatement au-dessus du commun des mortels, et vous apportant un tas d'avantages, avec un effet boule-de-neige sur votre carnet d'adresses. Mais, surtout, cela vous apporte des invitations dans les lieux qui comptent.


7 ◊ DES CARTONS D'INVITATIONS
Bien sûr, à Paris, vous pouvez rencontrer Karl Lagerfeld dans la rue, ou Amélie Nothomb au Flore. Mais ce n'est pas pour autant que vous iriez leur parler, n'est-ce pas ? Vous avez un certain savoir-vivre. Vous ne pouvez pas, non plus, vous incruster dans n'importe quelle soirée pour siffler un magnum de champagne. Il vous faut le sésame. Cartons d'invitations, mails, textos, encore Facebook (désolée), connaissances hype, les moyens de se retrouver entre gens de bonne compagnie sur n'importe quel motif pullulent à Paris, et sont autant d'occasions de nouer des contacts utiles et ravissants. Débrouillez-vous pour en être ... grâce à vos contacts. Et oui, c'est le serpent qui se mord la queue. C'est le Réseau.



8 ◊ UN LIEU DE VIE GLAMOUR
Autre façon de nouer des contacts à Paris : emménager dans un quartier branché. Si vous vivez rue de Bretagne, quartier Etienne Marcel, dans le Marais, à St Germain des Prés, aux Abbesses, à Belleville ou dans d'autres quartiers populo-fashion, le simple fait de descendre boire un café en bas de chez vous régulièrement peut vous amener à nouer des contacts fantastiques sans efforts. Même au Franprix. Et puis bon, on ne va pas se mentir, si vous voulez être un vrai Parisien, votre adresse pèse lourd dans votre capital bankable.


9 ◊ DU NAME-DROPPING EN VEUX-TU EN VOILÀ
Si vous habitez Porte d'Ivry, que votre métier est stagiaire comptable dans une caisse d'assurance retraite, que vous n'aimez ni Facebook ni les cartes de visite, que sortir vous fatigue et que vous n'avez jamais su accrocher quelqu'un par votre magnétisme pour obtenir ses faveurs, il vous reste tout de même une arme de choix : le name-dropping. Le Parisien en est over-friand. Il s'agit, tout bêtement, de glisser dans votre conversation des noms célèbres (et pas forcément des people : ça peut être des noms célèbres dans votre domaine, du genre Jean-Michel Lepleutre, N°1 dans le secteur des ouvre-bouteilles), en vous assurant bien sûr que votre interlocuteur les connaisse. Vous n'oublierez pas de les appeler par leurs prénoms ("L'autre jour au Montana, j'ai parlé avec Fred de son dernier roman ..." = Beigbeder, par exemple), d'habilement mentionner que le people vous tutoie ("Et là, Fred me dit : "Ecoute Alice, tu sais ..."), voire, pour vraiment enfoncer le clou, que vous avez des rapports intimes ("Mon copain Ariel, que j'ai choisi comme témoin à mon mariage ..."), à tel point que ça vous gêne ("Non, je ne peux pas aller voir le dernier Guillaume Canet, notre séparation est encore trop fraîche."). Mensonge ? Et alors. A Paris, scène de théâtre géante, tout le monde fabule un peu et joue une certaine comédie. Non, ce n'est pas lamentable : c'est créatif !


10 ◊ LE LANGAGE PARISIEN
Pour parfaire l'animal social qui est en vous, je ne peux que vous encourager à maîtriser parfaitement le patois local, afin de ne pas ruiner vos efforts par une bête erreur de style ou de vocabulaire. Pour cela, rendez-vous à la Leçon N°5 : Être Parisien(ne) et s'exprimer.
 


Voilà, vous avez désormais tous les outils en main pour bien sociabiliser comme des putois sous acide. N'hésitez pas à en faire bonne usage, mais attention, restez discrets : le Parisien a beau être show-off, il reste blasé et élégant.

Bonne chasse !



Et pour mettre en pratique vos nouveaux talents, vous pourrez consulter les leçons suivantes :

Leçon N°6 : Être Parisien(ne) et clubber
Leçon N°12 : Être Parisien(ne) et célibataire (bientôt en ligne)
Leçon N°13 : Être Parisien(ne) en couple (idem)


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