LECON N° 12 : ÊTRE PARISIEN(NE) EN VOITURE

Publié le par Les Parisiens.net





D'après Michel Audiard, "conduire dans Paris, c'est une question de vocabulaire". Certes, et de nerfs solides, aussi. Vous voulez rouler en voiture dans la plus belle capitale du monde ? Pas de souci, jeune inconscient. Nous vous livrons ici tous les secrets pour y parvenir haut la main - et bas le pied. Amusez-vous bien !



Test simple : prenez une voiture immatriculée 75, baladez-vous dans n'importe quelle région de France (exceptée l'IDF), et observez le comportement des gens que vous croisez. Bras d'honneurs, regards exaspérés, insultes ... Qu'on se le dise : le conducteur parisien est extrêmement célèbre. Sa malheureuse réputation franchit les frontières comme Johnny la Suisse. Vous trouvez ça injuste ? Vous avez raison : le Parisien, roi du bitume, est pourtant un très, très bon conducteur. Qui, en plus, s'éclate comme un petit fou au volant. Et sa compagne la Parisienne n'est pas en reste, loin de là. 

Mais question : comment les identifier, mise à part leur plaque au numéro si controversé ? Simple. Si vous voyez un conducteur (ou une conductrice) atteint du syndrôme de Tourette, qui klaxonne à tout va, double, s'énerve, ne connaît pas le mot "clignotant", accélère à l'orange, insulte les socialistes et se gare sur un trottoir en écrasant une poubelle tout en se remettant du rouge à lèvres au téléphone, vous pouvez être tranquille, c'est un Parisien. 

Fasciné par ce portrait haut en couleurs et ô combien pittoresque, vous souhaitez vous aussi savoir conduire en parfait capitaleux ? Facile ! On vous donne le mode d'emploi. Bon courage. 


NDLR : Ca m'ennuie de mettre ça (les mentions légales m'ennuient profondément), mais j'y suis hélas obligée :  "Prière de ne pas prendre au sérieux en tant que véritables conseil de conduite les lignes qui vont suivre, c'est une blague, c'est haha, oh non faites attention la route c'est dangereux." Merci de votre compréhension, voire de votre sens de l'humour).



LES 10 ASTUCES ESSENTIELLES POUR "BIEN" CONDUIRE À PARIS


Règle N°1 : Doubler tout le temps
C'est l'évidence. A ce stade des différentes leçons sur les habitants de la Ville Lumière, nous savons que le Parisien se doit d'être le plus fort, le premier en tout, etc, etc. Aussi est-il parfaitement logique que, au volant, il agisse de même. Être le premier en voiture, ça veut dire dépasser celui de devant. Et donc, doubler. Partout, tout le temps. Apprenez à slalomer, vous infiltrer, accélérer sans aucun sens commun, bref, toujours doubler tous les autres véhicules par tous les moyens possibles. Il en va de votre réputation. 


Règle N°2 : Klaxonner tout le temps
Aaah, le doux chant du klaxon citadin ... Telle une musique entêtante, il enchante votre quotidien et rythme toute promenade à travers la capitale. Si vous voulez être un vrai local, vous vous devez de participer à ce joyeux concert, apportant votre propre instrument à la mélodieuse cacophonie ambiante. Alors vous aussi, klaxonnez ! Vous pensez ne pas en avoir l'occasion ? Bien sûr que si, malheureux ! Le secret, c'est qu'il n'y a PAS besoin d'une occasion ... Il suffit de le faire tout le temps. Une voiture a mis (au moins) 2 secondes avant de démarrer au feu vert ? Klaxonnez ! Un piéton traverse alors qu'il en a parfaitement le droit ? Klaxonnez ! Une jolie fille passe sur le trottoir ? Klaxonnez ! Vous apercevez un motard dont la tête ne vous revient pas ? Klaxonnez ! Vous avez envie d'énerver tout le monde ? Klaxonnez encore et encore ! C'est tellement joyeux. 

 


Règle N°3 : Se garer n'importe comment
Très important, la façon de se garer. Vous avez appris à faire de sages créneaux en passant votre permis ? Oubliez tout cela quand vous conduisez à Paris, car ici, tout est différent. D'abord, on ne respecte JAMAIS les places de parking - c'est inutile et vulgaire. Garez-vous n'importe comment, n'importe où (oui, ce bateau, là, c'est très bien, et cette sortie de pompiers aussi, le trottoir, c'est parfait, et la place réservée handicapés, encore mieux). Ensuite, n'hésitez pas à retrouver votre âme d'enfant en faisant de l'auto-tamponneuse : pour vous glisser dans une place trop petite, le jeu consiste à pousser les pare-chocs de vos voisines de chaque côté afin de faire votre trou. C'est l'fun, hein ? 
A noter : si vous vous inquiétez des contraventions en vous garant n'importe comment, sachez que tout bon Parisien qui se respecte a des prunes (non payées) dans son portefeuille. C'est comme un écusson de la ville, une preuve de votre appartenance. De toutes façons, même si vous vous garez bien, vous en recevrez, donc autant ne pas se faire suer. 


Règle N°4 : S'énerver sans raison
Cette règle aurait mérité de figurer en numéro 1. S'énerver au volant est, à Paris, une sorte de hobby pittoresque. Par principe, de la même manière que vous klaxonnez sans raison, n'hésitez pas à soupirer, crier, froncer les sourcils, vous fouetter les sangs et - surtout - insulter tous ceux qui croisent votre chemin (de toutes façons, ils feront pareil). Même si vous avez tort. Même si les messieurs qui vident les poubelles ou livrent des cartons, là, devant vous, font simplement leur travail - vous vous en foutez, de leur travail, vous êtes pressés. Ce vélo qui dépasse de la piste cyclable, cette femme qui ne sait pas faire un créneau (c'est normal, c'est une femme), cette vieille dame qui met une heure à traverser, pfiouuu, quels boulets ! Tempêtez, colérez. Et vous ferez parfaitement couleur locale. 


Règle N°5 : Ne jamais (jamais !) utiliser son clignotant
Alors ça, c'est carrément un principe capital. A Paris, les voitures perdent automatiquement leur clignotant. Peut-être qu'en entrant dans la ville, on les démonte, ou alors les voitures vendues sous plaque 75 sont montées en série sans, mais toujours est-il qu'un clignotant ici n'a aucun intérêt, et l'utiliser est même très mal vu. Oubliez le. 


Règle N°6 : Narguer les radars
Un bon Parisien sait toujours exactement où le gouvernement planque ses radars. Aussi, l'un de ses sports favoris est de rouler à tombeau ouvert dans les zones libres, puis de freiner comme un bâtard à l'approche d'une zone radarisée, où il roulera sagement comme une grand-mère, un beau sourire aux lèvres. Avant de repartir écraser la population en lançant un grand rire sardonique. Vous allez me dire : mais comment sait-il où ils sont, et pourquoi la police ne les déplace-t-elle pas afin de piéger les conducteurs ... ? Je m'abstiendrai de dire du mal de la police. Mais sachez que sur ce site, elle vous livre avec une naïveté touchante sa "Carte des radars automatiques, des emplacements des radars mobiles embarqués et des caméras de surveillance installées dans les couloirs de bus", afin d'être sûre que vous sachiez où elle se trouve. Tout est normal. 


Règle N°7 : Accélérer à l'orange
Dans la mythiquissime série télé "Twin Peaks", de David Lynch, l'agent du FBI Dale Cooper est étonné et ravi de remarquer que dans ce petit village américain, on ralentit au feu orange. Cooper, comme les Parisiens, a plus l'habitude de ces grandes villes où le feu orange ne signifie pas du tout "Attention, calme-toi, c'est bientôt rouge", mais bien au contraire : "Vite, vite, appuie sur le champi, sinon tu vas rater le coche". Sachant que la vraie classe, c'est de le passer à l'orange bien mûr. Si vous écrasez quelqu'un, on appelle ça une orange sanguine (... Quoi ? Rhô, ça va, détendez-vous, si on peut plus rigoler ...). 


Règle N°8 : Faire plein de trucs sympas au volant (sauf conduire)
Les Parisien(ne)s, vous le savez bien maintenant, n'aiment pas faire comme tout le monde. Ils aiment se distinguer et marquer leur différence, loin des vulgaires moutons de Panurge. Et bien, au volant, c'est pareil ! Puisqu'une voiture est faite pour conduire, eux, ils préfèrent y pratiquer d'autres activités : téléphoner en conf-call, se curer le nez, se remaquiller, écrire des textos, lire un bouquin, fumer, boire un verre, broder un canevas au point de croix ... Pressé, le Parisien pratique le "temps masqué" et aime faire plusieurs choses à la fois. Bien sûr que c'est dangereux, mais c'est utile et rigolo. Parfois, les flics s'en aperçoivent et sévissent. Mais toujours, il recommence. Quelle force de caractère, quand même, c'est admirable. 


Règle N°9 : Insulter les socialistes
Le Parisien en voiture n'aime pas les socialistes. Même s'il est de gauche, et même s'il s'appelle Jean-Michel Delanoë. Car les socialistes veulent la mort de la voiture à ParisLe "Plan de déplacements" de la Mairie vise à réduire considérablement la circulation automobile dans la capitale d'ici à 2020, grâce au vert Denis Baupin. On parle de 40% de réduction de la circulation par rapport à 2001. C'est de là que sont nés, par exemple, les murs de la lamentation qui protègent dorénavant les voies de bus, ou encore le fielleux projet de fermer un jour la voie Pompidou (= la meilleure amie des conducteurs parigots). Récemment, on nous a aussi annoncé l'Autolib', ou Vélib' des voitures. Tout ceci est pain béni pour les Parisiens non conducteurs, mais élucubration du Diable pour les autres. Choisissez votre camp. 


Règle N°10 : Aimer la foule
Soyons clairs : dans les rues, plus on est de fous, plus on rit, et tout ce cirque ( = les 9 règles précédentes) ne vaut le coup que si vous êtes nombreux ! La vraie teuf parisienne, c'est sur le bitume qu'elle a lieu. Quel intérêt de rouler n'importe comment si vous n'avez pas d'amis conducteurs autour de vous avec qui vous insulter gaiement, voire vous rentrer dedans ? Que vaut le périphérique quand il est vide et non dangereux ? Pourquoi partir en vacances en décalé, au risque de rater les bouchons qui poussent Bison Fûté au suicide ? Un vrai conducteur parisien ne roule qu'aux heures de pointe dans les lieux les plus fréquentés, il connaît les places-to-be, et aime retrouver ses amis en foule dans les endroits qui comptent. Un peu comme pour les bars, en somme. Quel hypeur, celui-là, alors. 

 

C'est tout ... Have a good ride !



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Commenter cet article

PLR 02/10/2009 19:53


règle #3 : à noter que certains parisiens (nnes)considèrent tout à fait normal de stationner en double file avec warning allumé, plus spécialement av Victor Huog, rue de la Pompe, rue de Passy ou
rue La Fontaine, rue d'Auteuil, où il semble que laisser ainsi sa voiture quand on est chez Lenôtre est très naturel, et on se demande pourquoi on ferait autrement !