LECON N° 13 : ÊTRE PARISIENNE ET LESBIENNE

Publié le par Les Parisiens.net




Dieu merci, à Paris, il n'y a pas que des hétéros qui se courent après comme des lapins entre le Montana et la Perle. Ici et là, des filles qui aiment les filles vivent, s'aiment et se tapent dessus aussi. Vous en faites partie ? Découvrez comment être une gouine 100 % parisian-staïle.



Gouine, lesbos, brouteuse, gay, queer ... Si vous êtes hétéro, ces mots vous choquent peut-être ("Houuu, on n'a pas le droit de dire "gouine", ce n'est pas politiquement correct, c'est péjoratif ! Il faut dire "homosexuelle" "). Ah bon ? Et depuis quand ? Sachez qu'à Paris, la plupart des termes qualifiant les femmes homos sont autorisés, et que tout dépend - bien entendu - de la façon dont ils sont utilisés. Et par qui. Un peu comme "pédé", en somme, expression que les hétéros n'osent pas prononcer de crainte d'avoir l'air homophobe, mais que les gays balancent à tout va avec joie. D'ailleurs, on pourrait comparer ce problème aux mots "Noir" ou "juif", que les non-noirs et non-juifs murmurent en se cachant sous la table de peur de passer pour des gros racistes antisémites (parce que le monde ne tourne pas rond), alors que bon, jusqu'à preuve du contraire, ce ne sont ni des gros mots, ni des insultes. Mais c'est un autre problème.

En résumé, appelons une chatte, une chatte, et une gouine, une gouine. Ca ne mord pas, les amis.


◊ DE LA QUESTION DE L'HOMOPHOBIE
Paris n'est pas une ville homophobe. Ou un peu moins que d'autres. En France, la lesbienne de base doit encore se planquer, parce que le Français n'est pas exactement un modèle d'ouverture d'esprit et manque parfois de s'évanouir lorsqu'il voit deux filles s'embrasser. A la capitale, les choses se calment, et vous pourrez vous balader main dans la main avec votre dulcinée, a priori sans problème. Bon, il vaut mieux choisir un peu vos quartiers quand même et la jouer parfois low-profile (les bourrins mononeuronés existent, et vous n'aurez pas le dessus côté muscles), mais une fois que vous aurez l'habitude, vous saurez. Et assumerez avec plaisir.
Bon à savoir, des Kiss In (manifestation sympathique qui consiste à s'embrasser entre gays en pleine rue, façon flashmob) sont régulièrement organisés dans Paris et tout plein d'autres villes de France pour lutter contre la connerie préhistorique.
Bizarrement, à l'intérieur même de la communauté gouine, il existe des sortes d'homophobies. Par exemple, à l'égard des trans. Pas cool. Si vous voulez être une vraie gouine locale, ouvrez votre esprit et respectez tout le monde, transsexuels et hétéros compris. C'est ça, le vrai chic parisien.

! Anecdote : L'auteur de ces lignes, pure hétéro de base, a un jour passé des heures à discuter lovée dans les bras de sa meilleure copine au Baron (ça arrive quand on refait le monde en buvant des coups). L'une étant habillée un peu garçon (chapeau, short, veste) et l'autre en très fille (décolleté et jupette). Et bien, il a fallu qu'un connard machiste les montre du doigt en rigolant et dise : "Ooooh, regarde, des gouinasses !!!", comme s'il venait de trouver un chien à trois têtes. Sachez le : il y a encore des porcs du Moyen-Âge dans notre vénérable cité. N'hésitez pas à leur parler gentiment pour leur apprendre que non, vous ne souhaitez pas couper leur cher pénis, donc qu'ils se détendent un peu de la tête, merci.


◊ L'IMPACT DE "THE L WORLD"
Notons à ce sujet l'effet extrêmement positif qu'a eu sur les mentalités la série américaine télévisée "The L Word" (voir ici pour plus de détails). Ce tv-show plutôt bien fait, racontant la vie d'une bande de cops lesbiennes à Los Angeles, a permis de hypiser à fond l'image des homos filles, auparavant un peu ringarde. D'un coup, on s'est rendus compte avec stupeur qu'elles pouvaient être cool, hot, vivantes et trendy. Une copine queer me racontait que dans son entourage, à la sortie du Pulp, on avait alors vu se multiplier les sosies de Shane, une des héroïnes particulièrement sexy. Quant aux hétéros qui aimaient la série, ça les a un peu décoincés sur le sujet. Et ma copine d'ajouter, un sourire rêveur aux lèvres : "Ca nous a même aidées à convertir des filles ...". Why not.



◊ GOUINE OK, MAIS LAQUELLE ?
A Paris comme ailleurs, sachez distinguer les différents types de lesbiennes. Amis hétéros, ce paragraphe vous est surtout destiné : un peu de culture ne fait jamais de mal ...
- La "butch" est la lesbienne typée masculine, adoptant le look et les codes des hommes. Cliché de la camionneuse en France.
- La "fem", est la lesbienne version féminine, qui peut passer pour une hétéro, parce qu'elle joue des codes de la femme à fond. Le cliché couple butch/fem n'est pas toujours vrai : on voit aussi des couples bucth/butch ou fem/fem.
- La "queer", qui désigne à la base une lesbienne engagée, féministe, luttant contre l'homophobie, était un terme péjoratif à la base (puisqu'il signifie "bizarre"). Aujourd'hui, à Paris, il devient assez hype, et désigne les homos en général, filles ou garçons.
- La "lipstick" est l'héritière actuelle de la fem : hyper féminine, ultra trendy, c'est la fille de The L Word par excellence.
- La "transgenre" ou "andro" : c'est une fille qui fait mec, mais ce n'est pas la "butch", puisqu'elle joue de la confusion des genres à mort, version androgyne, et que plus que le camionneur poilu, se rapproche du minet. Un peu comme un chanteur de groupe baby-rockeur qui, de près, serait en fait une jolie gonzesse. Le parfait exemple : Shane dans The L Word, sexyssime au possible.


◊ Où SORTIR À PARIS ?
Malheur et triple angoisse, depuis quelques temps, les soirées de filles qui aiment les filles se sont raréfiées. Contrairement aux mecs qui aiment les mecs, les lesbiennes ont bien du mal à garder des endroits rien qu'à elles. Le Pulp, par exemple, a fermé (mais Dj Chloé joue partout, dieu merci). Moune, le mythique cabaret de Pigalle,a été racheté par la Clique, et ses soirées sont envahies d'hétéros branchés. Si vous souhaitez sortir entre meufs, il vous reste cependant quelques bars sympas (et friendly si vous voulez y emmener des copains), comme l'excellent Troisième Lieu (62 rue Quicampoix) ou le 3W (8 rue des Ecouffes). Vous pouvez également traîner aux soirées BabyDoll des Bains, aux Wet For Me, et vous sortirez souvent au Rex (très important, le Rex), mais le top, c'est peut-être bien la soirée "What's Gouineon" (... avouez, rien que le titre déchire tout), la nouvelle soirée girls du jeudi en résidence aux Disquaires. La description : "Djettes, vidéos, gouine aux enchères, lapdance, invitée du mois en carton, concours en tout genre, chaque mois un nouveau programme et une nouvelle connerie ..." La prochaine, c'est samedi 10 octobre.


◊ OU S'HABILLER À PARIS ?
Bien entendu, dans la capitale de la fashion, vous trouverez de quoi bien vous saper - que vous soyez lipstick (là, vous aurez l'embarras du choix, forcément), butch, andro ou tout ce que vous voulez.
Les boutiques qui cartonnent particulièrement : le rayon "garçonnets" des H&M (vive les petits marcels), The Kooples (à croire que la marque unisexe, toute récente, a été inventée pour vous), Noir Kennedy (le bijou dark du Marais), American Apparel (un peu de basique branché ne fait jamais de mal),
Et puis ce qui est cool, quand on sort avec une fille alors qu'on est une fille, c'est qu'on peut piocher dans son placard. Vous n'imaginez même pas combien les filles hétéros (et particulièrement à Paris, puisque ce sont des tarées de la mode) vous envient. Soupir.


◊ QUEL MÉTIER EXERCER ?
Généralement, les gouines parisiennes sont moins friquées que les gays masculins. C'est dommage. RMIstes, chômeuses, elles peuvent cartonner cependant dans la mode ou le graphisme, la prod, la musique (Djette comme Jennifer Cardini ou Chloé) et la pub, bref, ce sont des branchagas aussi.  Journalistes, elles bosseront pour la presse fem, les Inrocks ou Technikart, ou, mieux, les rares mags lesbiens (La Dixième Muse en France, Curve aux Etats-Unis, Diva en Angleterre). Sportives, elles seront également vendeuses chez Go Sport. Mais comme ce site est insupportablement snob, on préfèrera qu'elles soient D.A ou assistantes d'Hedi Slimane pour être parfaitement parigotes. Non mais.



COMMENT DRAGUER LA GOUINE PARISIENNE ?
Pour trouver une chérie, vous devez, vous aussi, sortir à fond (dans les endroits ci-dessus), mais quel est donc le mode de séduction des meufs qui aiment les meufs à Paris ? Etant hétéro, pour rédiger ce post, j'ai évidemment appelé des cops lesbiennes en renfort. Leur réponse sur le flirt entre filles m'a charmée : pour draguer, la gouine fait la gueule (et là, en un sens, elle est donc typiquement parisienne). Un peu comme la chanson de Claude François (oui, j'ai une vraie culture), "Marche tout droit, cette fille-là, c'est comme ça que tu l'auras". Pour attraper une Parisienne, genre au Rex ou à la What's Gouineon, vous ne devrez surtout pas lui sauter dessus gentiment, mais rester dans votre coin en tirant la tronche, la regardant à peine. Habituée à la chasse sauvage des hommes, qui nous harponnent sans cesse en club, j'ai demandé à ma cops : "Mais, comment vous faites, alors, si personne ne bouge ...?". Elle a répondu : "Ben, ça prend du temps !". Ah. Bon à savoir : la lesbienne sort toujours en bande, et dans la bande, 9 filles sur 10 sont ses exs. "On ne peut pas détester ou bannir une ex, on est obligées de bien s'entendre. Le milieu gay est tout petit à Paris, on vit en huit-clos, donc autant être copines !". Wow. En plus, à Paris comme ailleurs d'ailleurs, la gouine est tendre, pas très plan cul (contrairement à ses copains masculins), et une blague résume mieux que tout son côté love : " « Que font deux lesbiennes lors de leur deuxième rendez-vous ? -- Elles commandent le camion de déménagement » . Ben oui. Ce sont des filles, quoi. Généralement, une fois en couple, elles nidifient pas mal. Et parfois, essaient de faire un bébé - çce qui n'est pas toujours facile dans ce pays. Mais bref.


Pour terminer, un site génial ici : Very Friendly, avec notamment un article bien poilant pour les filles hétéros : "20 bonnes raisons d'avoir des copines lesbiennes".


Bonne journée les meufs !


Dessins
© VAÏ



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Adeline 13/10/2009 10:13


Océanerosemarie " La Lesbienne Invisible "
Du club de foot féminin aux boites ultra branchées parisiennes, découvrez le parcours
initiatique d’une jeune femme qui adore le rouge à lèvres et les robes à fleurs, et dont
personne ne veut croire à l’homosexualité !
Un spectacle drôle, émouvant et plein d’énergie qui donne enfin toutes les réponses aux
questions profondes ou frivoles que les hétérosexuel(le)s se posent sur les lesbiennes…

du jeudi au samedi à 20h à PARIS 9e // Théâtre les feux de la rampe, 2 rue Saulnier // M° Cadet, Grands Boulevards


liliana 05/10/2009 19:32


plutôt sympa l'article!


delicieuseconnasse 05/10/2009 11:45


Pas mal du tout: on voit que la source a quelques heures de vol dans le milieux paris(lesb)ien...
Je me permettrais des petites précisions. Pour certaines, le terme "gouine" désigne une homo militante, quand "lesbienne" sert pour toutes les autres. Ensuite en soirée tu as oublié notre chèèèèère
WET FOR ME au nouveau casino, et toutes les soirées du collectif Barbieturix qui -Oh Joie!- a ressorti son fanzine gratuit...
http://www.barbieturix.com/
Autopromo quand tu nous tiens.