LECON N°16 : ÊTRE PARISIEN(NE) EN TAXI

Publié le par Les Parisiens.net




Le taxi parisien, c'est un peu comme l'Alka-Seltzer un lendemain de cuite : bien qu'utile, on aimerait pourtant ne jamais avoir besoin de lui, et souvent, on s'aperçoit avec effarement qu'on ne sait pas où le trouver. Conduits par les pires comme par les meilleurs, synonyme de sauvetage autant que de cauchemar, le taco parigot se maîtrise plutôt facilement quand on sait par quel bout le prendre. En voiture.


Par rapport au reste de la France, Paris est extrêmement pourvu en taxis : si l'on compte moins de 50.000 véhicules sur le territoire, plus de 17.000 roulent dans notre belle capitale (et ses communes voisines). Ca paraît beaucoup, hein ? Pourtant, la dernière fois que vous avez essayé de trouver un taxi en urgence, votre arrière-petit-fils est mort de vieillesse avant que votre recherche n'aboutisse. C'est un fait : à Paris, les taxis pullulent, mais on n'en trouve jamais quand on en a besoin. Souvent, ils conduisent comme des adolescents revanchards, et en plus, ils se permettent d'être désagréables. Je vous rassure : leurs clients aussi. Afin que tout se passe au mieux, apprenez à découvrir ce mode de transport joyeusement folklorique, typique et haut en couleurs que nous nommons affectueusement le "cab", le "tacos", ou encore le "tax". Bon courage.


√ POURQUOI C'EST LA GUERRE
Comme dit plus haut, il est extrêmement difficile de choper un cab quand on en a besoin dans cette ville surpeuplée. Généralement, les bornes sont désertes (de véhicules, pas de clients), les appels sonnent dans le vide, et tous les véhicules que vous croisez sont occupés. Pourtant, chaque jour, 200.000 courses sont gaiement effectuées d'un bout à l'autre de la ville. Alors, pourquoi ce mystère ? Parce que, tout simplement, vous avez besoin d'eux en même temps que tout le monde : aux heures de pointe. C'est-à-dire, le matin entre 7 et 10, et le soir entre 17 et 20. Plus, bien sûr, le samedi vers minuit. Si ça vous fait râler, cher apprenti Parisien, sachez que les pauvres conducteurs aussi : ces heures de pointe, surembouteillées, ne leur permettent jamais de faire leur quota pour vivre. Or, le reste du temps, ils ne trouvent aucun client. Ce qui explique, peut-être, leur humeur délicate quand, enfin, vous en trouvez un de libre. Quand à la nuit du samedi, sachez que c'est un créneau très sympathique pour eux, puisque généralement, les clients sont bourrés, refusent de payer ou vomissent sur les sièges en cuir. Ambiance.


√ COMMENT TROUVER UN TACOS  COMME UN VRAI PARISIEN
Quelques petites astuces pour vous faciliter l'enfer.

◊ Beware la lumière :
Déjà, sachez une bonne fois pour toutes que si la lumière sur l'enseigne n'est pas totale et blanche, c'est que le taxi est pris. MÊME S'IL N'Y A PERSONNE DEDANS (il a été commandé). Ca vous paraît évident ? A moi aussi, mais je ne compte plus les fois où je vois de pauvres hères lever le bras et s'allonger désespérément sur la chaussée devant un taxi dont la petite lumière orange signale pourtant son indisponibilité. Ca m'agace, vous n'avez pas idée. Si j'étais chauffeur, je les écraserais un peu sans faire exprès. Pour être un vrai Parisien, par pitié, ne faites jamais cette grossière erreur : sachez différencier en une seconde le taxi libre du taxi pris. Merci.

◊ Fréquentez les bornes :
Ensuite, quand vous galèrez comme un fou à la recherche d'un cab, sachez que celui-ci ne se balade pas dans toutes les petites rues de la ville, sauf s'il y est obligé, et donc, chargé (et donc, ça ne sert à rien). Généralement, les taxis cherchant clients se rendent aux gares, ou aux bornes, ce n'est pas une légende. Ca vous ennuie de marcher jusqu'à une borne ? Vous n'êtes pas au bout de vos peines : figurez-vous qu'en plus, ils ne vont pas à toutes. Car certaines ne drainent jamais de clients. Astuce, donc : à chaque fois que vous prenez un tacos, demandez-lui quelles sont les bornes les plus actives, et notez. Ca peut vous servir plus tard. Pour appeler les bornes près de chez vous, composez le 01 45 30 30 30 (prix d'une communication locale). Et pour toute les repérer sur un plan, cliquez ici. De rien.



◊ Chopez les bons numéros de téléphone :
On connaît tous les Taxis Bleus ou G7. Problème : à l'heure où l'on en a besoin, généralement, on s'entend dire après 20 minutes de musique d'attente effroyable que désolé, aucun véhicule n'est disponible actuellement. Pour éviter ce genre de soucis, deux solutions : la première, c'est de commander votre taxi à l'avance. Certes, ça coûte un bras (5€ de résa en heure de pointe + trajet du taxi jusqu'à vous, sachant que généralement, il arrive de Marseille). Mais c'est très reposant. Deuxième solution, absolument géniale : obtenir le numéro spécial d'une entreprise. L'un de vos amis, votre père ou le mec d'une copine a forcément un accès urgence (et gratuit, puisque c'est la boite qui paye) pour obtenir un taxi rapidement sur le nom de son entreprise. Généralement, c'est un truc de chef qui se refile sous le manteau. Soulevez votre manteau, renseignez-vous, et une fois obtenu votre sésame, n'en parlez à personne. C'est un trésor inestimable, et tout vrai Parisien se doit de le posséder.

◊ Ne cassez pas leurs rétros :
Dernière chose. Si un taxi tout à fait libre refuse de vous emmener quelque part sous prétexte que ça l'emmerde (il ne le dira pas comme ça et invoquera plutôt sa fin de service, son refus d'aller à la Défense le matin, ou le fait qu'il ne peut aller que dans l'ouest/est/nord/sud parce que c'est contre sa religion), ne vous énervez pas, n'insistez pas. Ca ne sert à rien. Ne cassez pas non plus son rétro, car s'il est physionomiste, vous sabotez peut-être un prochain sauvetage dans la ville un soir de disette. Les taxis sont vos amis. Toujours.


√ DO'S ET DONT'S EN TAXI
◊ La première règle de comportement dans un taxi parisien, c'est d'être aimable. C'est la seule. L'unique. Vous devez, quoiqu'il arrive, être merveilleusement poli(e), agréable et avenant(e) avec le chauffeur devant vous. Oui, même si celui-ci est odieux, raciste, conduit comme un chauffard et n'a, visiblement, jamais appris à employer ces mots étranges et rares que sont "Bonjour", "Merci" ou "Au revoir". Je vous le rappelle pour mémoire : c'est lui qui conduit ... Si vous ne voulez pas qu'il ralentisse au feu vert, passe par la Bastille pour vous conduire de l'Alma à Boulogne, et n'ouvre grand la fenêtre par -30° tout en augmentant le volume des Grosses Têtes à 400 décibels, vraiment, je vous en conjure, fermez-la. Je sais, c'est insupportable, et votre orgueil de Parisien en prend un gros coup. Mais le véritable Parisien, s'il ne supporte pas de s'écraser, a aussi l'intelligence et la fourberie nécessaire pour savoir être hypocrite quand il le faut, c'est-à-dire quand il en a besoin : le taxi-con en est l'un des cas inévitables. Soyez forts. 
Si vous avez un itinéraire préféré, indiquez-le gentiment mais fermement dès le début du trajet. Mais là encore, si vous pouvez la fermer, c'est mieux.
Si vous n'êtes pas d'accord avec le tarif, fermez-la (oui, toujours) et révisez en cliquant ici.
Si vous avez commandé votre taxi par téléphone et qu'en entrant dans la voiture, vous constatez avec effarement qu'il y a déjà 17€ au compteur, vous pouvez bien entendu râler et refuser de payer cette infâme arnaque, mais dans ce cas, vous irez à pied. Donc une fois de plus, fermez-la. Le chemin est difficile jusqu'à la sagesse, je sais.
Pour éviter au maximum ce souci récurrent, ne croyez jamais l'opératrice quand elle vous dit d'une voix de miel que le véhicule sera en bas de chez vous dans 9 minutes. En fait, elle veut dire 4, et ricane intérieurement en pensant à ce que le chauffeur va se mettre dans la poche pendant les 5 minutes de différence.
Pour être un vrai Parisien, n'hésitez pas à laisser de temps à autre votre téléphone portable sur la banquette arrière. Quand on habite cette ville, la coutume de perdre son téléphone en tacos est fréquemment respectée. C'est une sorte de passage obligé (et très énervant, oui).
Enfin, si vous tombez sur un chauffeur ultra cool (il y en a plein, je vous rassure), soyez ultra cool avez lui, même si votre journée ressemble à la région pachtoune un soir d'orage nucléaire. Il a besoin d'amour pour rester sympathique dans ce métier difficile. Ce sont parfois les Clients Parisiens qui rendent méchants les Taxis Parisiens. Un serpent venimeux qui se mord la queue. Pensez-y.



√ LE PARISIEN "NEW GENERATION" AIME LE TAXI DEUX-ROUES
Vous l'avez bien compris à ce stade des leçons, tout bon Parisien ne supporte pas de perdre du temps. Voici venu la partie la plus positive de ce post : oui, il existe des taxis pratiques, disponibles et surtout capables de sauter par-dessus les embouteillages tels de jolis cabris ennivrés de soleil. Je n'exagère pas. Ces taxis, ce sont les taxi-motos. Véritable révolution dans le transport des personnes à Paris, ces ovnis sont désormais courants, et répartis sur plusieurs compagnies. Grosso modo, les tarifs se valent, et, je préfère vous le dire, c'est assez cher. Néanmoins, en cas de départ à Roissy un matin, ou de turbo-retard un soir d'embouteillages, ou juste parce que vous avez envie de tester, lâchez-vous et ridez tels des Hell's Angels locaux. Côté équipement (puisque nous rentrons dans l'hiver), rassurez-vous, ils ont tout ce qu'il faut. Côté aimabilité, je n'ai pas encore compris pourquoi mais ils sont tous prévenants comme des mamans (et pourtant, j'ai fait le tour des différentes prestataires). Enfin, pour les bagages, vous pouvez aller jusqu'à valise-cabine + sac à main. C'est donc particulièrement fûté pour aller prendre l'avion - surtout quand on sait que toutes les heures, 700 taxi-voitures sont bloqués entre les aéroports et Paris. Pour plus de détails, cliquez ici (journaliste, j'ai dû tester ce nouveau mode de transport pour un article, mais attention, le papier datant d'un an, certains détails sont peut-être obsolètes).
Précision au cas où mon enthousiasme vous paraît suspect : je ne connais personne travaillant pour ces sociétés, n'y possède aucune part et n'ai reçu aucun chèque ou course gratuite pour écrire ce paragraphe. En revanche, je roule depuis 12 ans en scooter à Paris et ai environ 4 secondes de patience dans le moindre embouteillage. Ceci expliquant peut-être cela.



Voilà, vous êtes désormais armés pour affronter les taxis parisiens.
Bonne chance, nous pensons fort à vous ...


Vous pouvez également, si vous préférez, consulter les leçons concernant la voiture ou le déplacement à pied dans notre chère capitale. Les posts sur le deux-roues motorisé, le vélo ou la RATP viendront bientôt.





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Ardavan 25/10/2009 11:13


Merci pour les infos - à peu près d'accord avec tout SAUF avec le "soyez cools si le taxi refuse de vous prendre". Qu'un taxi soit désagréable, mécontent, etc... c'est son droit. Mais la loi oblige
le taxi à ne pas refuser une course dans son "territoire" ==> Il faut monter à bord du taxi en premier et lui dire ensuite où on va. Si on doit négocier avec le taxi qui a attendu trop longtemps
à la borne et qui estime que la course n'est pas rentable, c'est la mégamerde. Ca fait partie du métier... Des courses à 6 euros (le minimum) et des clients qui vont à Strasbourg pour 1300 euros
l'A/R...